2016

L’amoureuse de la musique, que je suis, mettait encore plus de chansons sur son téléphone.

Vu que je n’ai pas internet sur l’ordinateur, c’est toujours toute une expédition pour effectuer ce travail.

Je commence par transférer le cd désiré sur l’ordinateur.

Puis, je transfère de l’ordinateur sur le téléphone.

Ça semble fastidieux.

Seulement, j’adore faire ce genre d’activité.

Le résultat est toujours à la hauteur de mes espoirs.

2017

Suite aux récents mal entendu avec papa, j’ai décidé de lui envoyer un mail.

Je suis heureuse de l’avoir fait même si je sais déjà que les choses ne vont pas changer.

Au moins, je suis fidèle à moi-même.

Salut mon cher papa,

Depuis quelques jours, je repousse mon idée de t’écrire.

Mais, j’ai décidé de rester fidèle à moi-même en étant honnête.

Annick m’a dit que tu t’es senti blessé, suite au fait que j’ai donné les vestes à Hiob.

Je tiens à te dire que je te comprends sincèrement ainsi que ta peine.

Tu as voulu me faire un cadeau.

Et moi, je les ai données plus loin.

Il y a de quoi se sentir triste, furieux et pas bien.

Je te comprends.

Avec ce message, je voudrai juste te dire que jamais, je n’ai voulu te blesser.

Lorsque j’ai essayé les vestes, j’étais sincèrement touchée par ton geste, ta générosité.

Puis, arrivée à la maison, je les ai lavée.

Lorsqu’elles ont été sèches, j’ai voulu les mettre, les utiliser, en faire mon héritage.

Seulement, en me regardant dans la glace, je ne me reconnaissais pas.

Les vestes étaient à ma taille.

Mais, elles ne correspondaient pas à la femme que je suis actuellement.

Peut-être que tu ne comprends pas ce que j’essaie de te dire.

C’est pas grave.

Tu sais, mon papa chéri, j’ai beaucoup changé.

Il m’a fallu presque 50 ans pour réussir à devenir celle que je suis maintenant.

Je n’ai plus envie de mentir.

Je n’ai plus envie de devoir toujours ménager la chèvre et le chou, devoir marcher sur des oeufs au risque de blesser quelqu’un.

J’ai besoin de pouvoir être vraie.

J’ai besoin d’être vraie, naturelle.

J’ai besoin d’être moi et non, une personne qui a peur de se retrouver seule si elle fait un faux pas.

J’ai donné dans cette direction, ça m’a apporté que chagrin, désespoir et destruction.

Alors, en t’écrivant pour t’informer que je n’avais pas garder les vestes, j’avais conscience de ton éventuel réaction.

J’aurai pu ne rien te dire.

Tu ne m’aurai jamais vue porter ces vestes.

Lorsque l’on se serait vu, on aurait joué à faire semblant.

Comme d’habitude.

Je suis vraiment désolée, mon papa chéri, le temps passe tellement vite.

Je n’ai plus envie de le gâcher en étant hypocrite.

J’ai toujours eu un grand coeur.

J’ai toujours pensé à mon prochain.

Je me suis toujours dit que ce qui ne me sert pas, peut éventuellement servir à quelqu’un d’autre.

C’est pour cette raison que j’aime le fait qu’Yves travaille pour Hiob.

C’est le métier idéal qui complète à merveille notre vision du partage.

En donnant les vestes à Hiob, j’ai fait trois belles actions.

Je me suis fait du bien à travers ma générosité.

J’ai permis à Yves de valoriser son travail.

Un jour, si personne ne fait de dons, il risque de ne plus avoir de travail.

Et, le plus important, je permets à des gens dans le besoin, avec peu de moyens de s’offrir de bonnes vestes.

Et ça, vois-tu, mon papounet, ça suffit à faire mon bonheur.

Je termine en te disant que je suis vraiment désolée de t’avoir blessé.

Je suis comme ça, c’est moi dans toute ma splendeur.

Je suis ainsi.

Et si aujourd’hui, j’ai autant de coeur, c’est que toi et maman m’avez montré l’exemple.

Tu as toujours été généreux.

Et pour celà, je te dis MERCI.

Je suis fière d’être celle que je suis, autant que je t’aime toi et maman.

Je te sers fort contre mon coeur.

Prends soin de toi.

A bientôt.

Ta fille qui t’aime fort.

Nicole

Depuis ce message, je n’ai eu aucune nouvelle.

C’est l’histoire de ma vie.

Auparavant, ce genre d’attitude m’aurait profondément blessée.

Maintenant, je sais que mon maximum a été fait.

Je n’ai jamais été aimée comme un membre de cette famille.

Maintenant, je connais ma valeur.

Mon temps est précieux.

Je ne désire plus le perdre avec des êtres qui ont uniquement apportés des larmes et de la tristesse dans ma vie.

J’ai vainement essayé de retrouver mon père.

Depuis, j’ai compris son égoïsme.

Il aime se complaire dans son rôle de victime.

Il s’est toujours vu ainsi.

Pendant des années, au risque de me perdre moi-même, j’ai essayé de le sauver.

Malheureusement, il existe des êtres qui ne réussissent pas à changer.

C’est la vie.

Je l’accepte.

Je m’aime infiniment.

La vie m’a offert deux soeurs magnifiques.

J’ai la chance d’avoir une merveilleuse relation avec elles.

Ça suffit amplement à mon bonheur.

« Ce qui ne me tue pas me rend plus forte. »

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